Sauvegarde de l'âne du berry

Le nombre d’ânes domestiques diminue chaque année, mettant en danger la survie de certaines races locales comme le Grand Noir du Berry, reconnu officiellement par les Haras Nationaux depuis 1994. En 2024, moins de 1000 individus ont été recensés en France, avec une faible proportion de femelles en âge de se reproduire et moins de 25 naissances par an. Face à cette situation critique, l’insémination artificielle devient un outil clé pour lutter contre la consanguinité et diffuser une génétique de qualité. Cependant, les résultats de fertilité obtenus avec de la semence congelée restent insuffisants pour assurer le renouvellement de l’espèce. Afin de répondre à ce défis, l’INRAE avec le soutien de la Région Centre-Val de Loire et de plusieurs partenaires régionaux, a lancé un projet de recherche visant à identifier les verrous biologiques de la reproduction asine et à optimiser les techniques de conservation et de dépôt de la semence dans le tractus génital femelle. Grâce à la confiance et à l’implication des éleveurs dans ce projet, un ânon issu d’une insémination avec de la semence réfrigérée 24 heures à vu le jour, pour la première fois, le 05 Octobre 2025.

Âne du bery dans un champ

Contexte et enjeux : L’âne domestique est une espèce dont les effectifs sont en constante diminution, au point de mettre en péril certaines races locales. Le Grand Noir du Berry reconnu officiellement par les Haras Notionaux en 1994 et classé Trésor Vivant de la Région Centre-Val de Loire, en est un exemple. En 2024, la population française a été estimée à moins de 1000 individus, avec une moyenne d'âge élevée et seulement 137 femelles en âge de reproduire. L’insémination artificielle, représente une solution clé pour lutter contre la consanguinité, décloisonner les élevages et diffuser une génétique de qualité à grande échelle. Cependant, en raison d’altérations moléculaires et structurelles irréversibles, l’utilisation de la semence congelée ne permet pas d’obtenir un taux de fertilité suffisant et d’assurer le renouvellement de l’espèce. Soutenue par la Région Centre Val de Loire ainsi que 6 autres partenaires régionaux, l’INRAE a mis en place un projet de recherche visant à 1) identifier les facteurs biologiques limitant la reproduction chez les ânes, 2) optimiser les méthodes de conservation (réfrigération-congélation) et d’insémination de la semence. Pour mener ces recherches, des éleveurs engagés dans la sauvegarde de la race ont accepté de confier leurs animaux à l’Unité Expérimentale de Physiologie Animale de l’Orfrasière (UEPAO).

 

Ânon

Résultats : Contrairement à la semence congelée, la semence réfrigérée conserve sa viabilité pendant plusieurs jours lorsqu’elle est maintenue dans de bonnes conditions. Elle représente ainsi un atout majeur pour les échanges de semence à l’échelle Européenne ou entre différentes régions françaises, notamment entre le nord et le sud du pays. Cette technique constitue une option particulièrement intéressante pour les éleveurs souhaitant optimiser la fertilité de leurs ânesses tout en limitant les coûts et les délais liés au transport. L’insémination intra-utérine profonde présente également de nombreux avantages : elle limite les risques d’endométrite, réduit la forte sélection des spermatozoïdes au sein du tractus génital femelle et augmente les probabilités de fécondation. Combinées, ces deux approches permettent une gestion plus fine des cycles reproductifs et offrent des taux de réussite supérieurs à ceux obtenus avec la semence congelée. Les essais réalisés sur le site de l’UEPAO ont d’ailleurs permis, pour la première fois en France, d’obtenir une gestation à partir d’une insémination avec de la semence conservée pendant 24 heures à 4°C. L’ânon, de race Grand Noir du Berry, est né le 5 octobre 2025 chez son propriétaire, ravi de cet heureux événement.

Perspectives : Cette naissance valide la faisabilité de la méthode et ouvre de nouvelles perspectives pour la reproduction assistée et la préservation du patrimoine génétique. Des travaux sont actuellement en cours afin d’optimiser les protocoles de congélation visant à conserver la semence des baudets sur le long terme et pérenniser la diversité génétique des races asines.